Vitamine B12, Végane et Végétarien

Vegan & Végétarien 

Vitamine B12, Végane et Végétarien

Vitamine B12: véganes et végétariens font partie des personnes à risques. Existe-t-il des sources véganes de B12? Doivent-ils prendre des compléments?

Véganisme, végétarisme et vitamine B12

Résumé

  • Véganes et végétariens font partie des populations les plus à risque en ce qui concerne les carences de vitamine B12.
  • Il n’y a pas de source végétale naturelle qui couvre nos besoins en vitamine B12.
  • Definition végane et végétarien.
  • Suppléments pour véganes.

Dans les milieux de naturopathie et de nutrition, aucun sujet n’est autant débattu que la question de savoir si les individus suivant un régime végane et végétarien bénéficient ou non d’apports suffisants en vitamines B12 (cobalamine), nutriment essentiel à notre santé. 

La raison pour laquelle cette question est débattue aussi farouchement est qu’elle a une nature quasi idéologique, posant une question encore plus fondamentale à savoir quelle alimentation les êtres humains sont naturellement sensés avoir. 

La vitamine B12 prend dans cette discussion sur l’alimentation naturelle des êtres humains une place tout à fait particulière. Lorsque des personnes suivant un régime végane ou végétarien sans supplémentation artificielle arrivent à une situation de carence en vitamine B12 essentielle à notre survie, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi certains détracteurs peuvent considérer ces choix alimentaires comme inadéquates voir même dangereux. De ce fait, certains défenseurs de ces régimes alimentaires avancent des arguments en leur faveur.

Selon nous, le débat sur l’alimentation naturelle des êtres humains passe à coté du point essentiel qui est que les régimes véganes et végétariens sont suivis pour des raisons éthiques. Le fait qu’une carence en vitamine B12 soit réelle et clairement dangereuse pour la santé des individus concernés ne devrait pas être considéré d’un point de vue émotionnel, mais plus avec l’appui de recherches scientifiques et médicales.

En se basant sur une perspective alimentaire, nous pouvons nous poser les questions suivantes:

  1. Les régimes végane/végétarien sont-ils sains et subviennent-ils à l’ensemble de nos besoins nutritionnels ?
  2. Est-il recommandé ou indispensable pour les véganes et végétariens de prendre des suppléments de cobalamine (vitamine B2) ?
  3. Est-il bon pour la santé de manger viandes, poissons, produits laitiers et quels avantages/ inconvénients ont ces aliments ?

Il a déjà été prouvé par de nombreuses études scientifiques que les régimes végane et végétarien peuvent être excellents pour la santé. Ces régimes sont considérés comme particulièrement sains et recommandés par une majorité d’experts dans le domaine de la nutrition à condition d’être suivis consciencieusement, c’est à dire avec une large variété de produits équilibrés et de qualité 1. Certaines maladies dites de civilisation comme les maladies cardio-vasculaires ou l’hypercholestérolémie (de plus en plus fréquentes) requièrent même de se tourner vers une alimentation plus riche en fruits et légumes, qui pourrait palier notre surconsommation de viandes.

Mais de toute évidence il est important pour les véganes et végétariens de rester attentifs sur leurs apports et niveau de vitamine B12. Cet article a pour but de rendre compte comment faire face à ces apports.

Besoins journaliers en vitamine B12

Selon les autorités, les besoins journaliers en vitamine B12 se trouvent autour de 3 mcg / jour pour un adulte en bonne santé. Etant donné qu’un très grand nombre d’individus présente des problèmes d’assimilation (flore intestinale endommagée et problèmes gastriques), cette limite devrait, selon nous, être revue amplement à la hausse car seule une partie de la vitamine B12 ingérée est utilisable, le reste étant rejeté dans l’urine.

Ceci dit, il faut souligner que même en faisant attention à s’approvisionner via une source très riche en vitamine B12 (ex: viande de boeuf, de porc ou poisson), seule une quantité relativement faible est absorbable (capacité limitée du facteur intrinsèque). Une étude 2 montre que des risques élevés de carence sont encourus par les personnes qui consomment peu d’aliments riches en B12 (tels que véganes et végétariens), ayant soit des besoins accrus (stress ou troubles émotionnels), soit des capacités d’absorptions limitées.

Alors qu’un régime ovo-lacto-végétarien permet d’avoir encore de bonnes sources en vitamine B12 tels que les oeufs et certains fromages (camembert, gouda, etc…), les véganes quant à eux n’ont pas à leurs dispositions de source avérée scientifiquement leur permettant de couvrir leurs besoins. C’est pourquoi selon un grand nombre de spécialistes, il leur est recommandé de couvrir leurs besoins en vitamine B12 à l’aide de compléments alimentaires.

C’est un avis que partage l’International Vegan Society, une des autorités référante de la communauté végane. Cette association recommande de consommer une dose journalière de 10 mcg combinée à une dose hebdomadaire de 2000 mcg et de diriger son alimentation vers des produits riches en vitamine B12 3.

Carences en vitamines B12 chez les vegans et végétariens

De nombreuses études se sont penchées sur la question de savoir si les individus suivant un régime végane ou végétarien souffrent plus fréquemment de carences que les individus omnivores. 4,5,6 La réponse est non équivoque: les situations et/ou risques potentiels de carences sont extrêmement répandus chez les véganes et légèrement moindres chez les végétariens que chez les omnivores. Chez les personnes âgées les risques potentiels se rapprochent à un niveau de risques encourus  mi-chemin entre ceux des végétariens et des omnivores. On note cependant que pour les véganes, les risques de carences sont extrêmement élevés pour toutes les tranches d’âge7-8

Les véganes argumentent souvent que le nombre de patients omnivores souffrant de carences est largement supérieur au nombre de vegans dans cette situation, mais ces chiffres sont en valeur absolue et donc ne prennent pas en compte la proportionnalité. Il faut garder en tête que seul o,1 à o,2 % de la population suit un régime vegan et donc qu’en valeur absolue, les omnivores risquent largement moins fréquemment de souffrir de cette dangereuse carence.

Selon les seuils actuels pour évaluer les risques de carences, il a été calculé par des scientifiques que près de 7 % de l’ensemble de la population souffre de carences en vitamine B12, alors que selon la même étude, 60 à 90 % des véganes en souffraient. Même si les chiffres varient, les résultats concordent tous sur cette constatation générale que les véganes sont une population fortement à risque. Même des études conduites au sein des cercles défendant les valeurs véganes sont arrivées à des conclusions tellement alarmantes qu’un changement de ton en ce qui concerne cette question à été adopté. 10

Les végétariens ne sont pas exempts de ce constat car eux aussi font partie du groupe fortement à risque. En ce qui les concerne, les études concordent plus sur les chiffres: 20 à 70% souffrent de carence en vitamine B12, ce qui en moyenne représente tout de même environ la moitié de la population des végétariens – se trouvant en dessous du seuil minimal de vitamine B12. 

Risques de carence : végane et végétarien

Les risques accrus de carences chez les individus suivant un régime végane ou végétarien peut donc être considéré comme une forme de preuve scientifique. De ce point de vue, cela met un terme à l’argumentation de la communauté végane, car la profusion d’études scientifiques sur la question ne laisse pas de place au doute. Pourtant il est surprenant de constater que malgré les risques sanitaires très sérieux encourus, certains forums et auteurs de la communauté continuent d’ignorer les constatations scientifiques mentionnées ci-dessus, au profit d’arguments moraux et éthiques sur l’exploitation des animaux, l’industrie agroalimentaire ou ce que devrait être l’alimentation naturelle des êtres humains. L’existence de risques réels de carences dangereuses pour la santé et le fait que la vitamine B12 est essentielle à notre survie sont tout simplement ignorés.

Une carence en vitamine B12 peut mettre des années à être identifiée avant que des symptômes sévères n’apparaissent. Pendant des années il est possible que les seules manifestations corporelles ressenties soient „des généralités“ du genre fatigue chronique, dépression et de légères inflammations buccales (aphtes). On comprend donc pourquoi il n’est pas évident pour le corps médical de les rapporter directement à une carence en vitamine B12. Il n’est pas rare que les symptômes plus sévères n’apparaissent que des années plus tard (10 -20 ans) pendant lesquelles l’individu n’a aucune conscience de souffrir de cette carence.

Sources de vitamine B12 – végétariens

Dans le tableau ci-dessous, nous allons tenter de passer en revue quelles sont les sources optimales de vitamine B12 pour les personnes suivant un régime végétarien. Il est recommandé à ces individus de garder un oeil attentif sur leur niveau et apports en vitamine B12 afin de pouvoir adapter les informations suivantes à leur situation propre.

Certains aliments ovo-lacto-végétariens contiennent de la vitamine B12 valant la peine d’être nommés car il peuvent participer à couvrir les besoins journaliers en cette vitamine essentielle au fonctionnement de notre organisme:

 

Camembert

3,1

103%

Emmental

3,1

103%

Jaune d’oeuf

2,0

67%

Edam

2,0

67%

Gouda

1,9

63%

Oeuf de poule

1,8

60%

Mozzarella

1,3

43%

Fromage Frais (> 10% mat. grasse)

1,0

33%

Fromage blanc

0,9

30%

Cottage Cheese

0,7

23%

Lait de chèvre

0,5

17%

Lait de vache

0,4

13%

Yaourt

0,4

13%

Blanc d’oeuf

0,1

3%

Fromage de chèvre

0,1

3%

Bière blanche

0,1

3%

**Nota Bene:  ces conseils sont basés sur la supposition que l’individu ne souffre pas de trouble de l’assimilation (problèmes gastro-intestinaux) ou n’est pas en situation de besoins accrus (stress, chagrin, tension emotionelle de toute sorte), ce qui est malheureusement le cas d’un très grand nombre de personnes. 

De notre point de vue, les doses de vitamine B12 recommandées devraient être revues amplement à la hausse car comme le décrit le NB ci-dessus, de nombreuses personnes ont des besoins accrus en vitamine B12 (stress, chagrin, tension psychologique, etc…) et/ou souffrent de problèmes d’assimilation (problèmes gastro-intestinaux). Selon nous, il serait recommandé de multiplier la dose journalière recommandé par 4-5 en cas de problèmes (très fréquents) d’assimilation, et pour des cas plus graves (maladies de l’estomac ou problèmes de muqueuses digestives) augmenter jusqu’à 300 fois la dose pour éviter un carence.

Sources de vitamine B12 – végétariens

La question de savoir si les besoins en vitamine B12 couverts ou non par un régime végane, a mené à de nombreuses théories, suppositions et une succession d’études scientifiques. Ces études on permis de mieux comprendre le thème de la vitamine B12. Nous allons tenter de passer en revue quelques unes de ces sources véganes avérées et prétendues.  

Aliments véganes fortifiés en vitamine B12 

Une forme hybride de suppléments alimentaires est ce que l’on appelle les „aliments fortifiés en vitamine B12“. On les trouve notamment dans les céréales, le lait de soja, les yaourts au soja, certains desserts au soja, jus, substituts à la viande, extraits de levures et de nombreuses boissons énergisantes. Le niveau de vitamine B12 varie beaucoup d’un produit à l’autre.

Il faut également mentionner que selon une directive européenne, il n’est pas permis de „fortifier“ les aliments issus de la filière biologique, mais seulement les aliments issus de l’agriculture conventionnelle. De plus, pour des raisons idéologiques, on sait qu’un grand nombre de personnes suivant un régime végane ou végétarien sont très portées, voire consommateurs exclusifs de produits bio.

Le tableau ci-dessous présente quelques moyennes concernant les „aliments fortifiés“ évoqués plus haut. Naturellement, la teneur en vitamine B12 varie fortement d’un producteur à l’autre. Il faut aussi mentionner que tous les produits de ces catégories ne contiennent pas de vitamine B12 mais seulement ceux qui sont fortifiés.

Extrait de levure

15 – 50

2,4 – 8

Boisson énergisante

2

5

Céréales

0,8

0,2

Substitut de viande

0,3

?

Jus de fruit

0,2 -0,5

0,4 – 1,0

Lait de soja, yaourt au soja, dessert au soja

0,1 – 0,5

0,2 – 1,0

En dirigeant leur alimentation vers ce genre de produits, les véganes peuvent subvenir à une partie de leurs besoins journaliers. Cependant, il n’est pas recommandé d’opter pour les aliments fortifiés en B12 comme source unique de vitamine B12 car leur teneur est très limitée. De plus, certains de ces aliments sont discutables en terme de bienfaits pour la santé ou apportent des formes de vitamines B12 peu biodisponible (jus de fruit et boissons énergisantes). 

Vitamine B 12 et gros intestin 

La vitamine B12 est produite uniquement par des micro-organismes (bactéries). Quelques unes de ces bactéries vivent également à l’intérieur du gros intestin des êtres humains et produisent des quantités importantes de vitamine B12. Par ailleurs, on sait que les seuls endroits du corps on l’on peut absorber de la vitamine B12 sont par les muqueuses buccales ou par les muqueuses de l’intestin grêle (iléon). Cependant, la plupart des bactéries productrices de vitamine B12 se trouvent dans le le gros intestin, donc ironiquement en aval de la zone potentielle d’absorption. C’est pour cela que la très grande majorité de la vitamine B12 produite dans le gros intestin est inutilisable et se retrouve dans les excréments.

Équilibre de la flore intestinale 

La flore intestinal dans son ensemble joue un rôle crucial du point de vue de l’assimilation. En outre, un nombre croissant d’individus souffrent de déséquilibres gastro-intestinaux plus ou moins sévères et chroniques. Cela endommage considérablement la capacité de production de la vitamine B12 dans le gros intestin. C’est pourquoi les cas sont rarissimes (mais existants) de véganes pouvant subvenir à leurs besoins en vitamine B12 par le biais d’apports limités dû à ce choix alimentaire et par la quantité de vitamine B12 produite par les intestins.

Cette découverte spectaculaire offre une explication au fait que presque tous les animaux végétariens mangent une partie de leurs excréments à intervalle bien précis. Comme les êtres humains, tous les autres animaux dits „supérieurs“ consomment de la vitamine B12 par leur alimentation. Mais il n’était jusqu’alors pas clair de savoir comment les animaux exclusivement végétariens couvraient leurs besoins en vitamine B12. Alors que les ruminants ont des bactéries dans le panse qui leur permet de subvenir à leur besoins en vitamine B12, on pensait que les non ruminants se suffisaient de l’absorption de petites quantités de terre existant sur les fruit et légumes mais aujourd’hui on comprend mieux le rôle de l’ingestion sporadique de leurs propres excréments.

Malgré ce constat, l’option des excréments comme source possible de vitamine B12 est à écarter pour les humains, car au delà des dangers sanitaires considérables, rares sont les individus qui se soumettraient à cette pratique. Ceci-dit, des expériences 11-12 concluantes d’ingestion et injections d’extraits de matière fécale humaine pour contrer des carences de vitamine B12 ont déjà eu lieu dans les années 50 en Angleterre.

Vitamine B12 dans la terre

Dans un environnement biologique riche et préservé, le sol (humus) contient des quantités importantes de bactéries productrices de vitamine B12 12. La consommation de légumes-racines (carotte, navets, betterave, radis, panais, etc) crus et non nettoyés pourraient être une source de vitamine B12.

Quelle quantité et quelle biodisponibilité? Ces questions n’ont pas encore de réponse claire à ce jour. Ce que l’on sait déjà cependant c’est que différents types de sols contiennent des constitutions très différentes en micro-organismes, de sorte qu’il n’est pas possible de donner un ordre de grandeur générique pour cette mesure. Des doutes profonds sont déjà avancés sur la capacité de cette source de vitamines B12 à subvenir à elle seule à nos besoins, mais le sol pourrait représenter une source complémentaire. Dans des temps plus reculés de l’humanité, il se peut que la terre ait joué un rôle important dans les besoins en vitamine B12 mais de nos jours l’agriculture intensive (ou conventionnelle) a largement contribué à la dégradation de la qualité des sols et des produits de la terre de sorte que cette source ne peut plus être sérieusement prise compte. D’autant plus que les règles sanitaires exigent une propreté maximale des produits alimentaires. 

Vitamine B12 dans les légumes

A ce jour, on ne connait pas de légume qui produise une quantité de vitamine B12 qui vaille la peine d’être mentionné. Cependant, il a été démontré en laboratoire que des plantes pouvaient absorber de la vitamine B12 lorsqu’elle sont aspergées d’une solution très concentrée en vitamine B12 ou si elles étaient fertilisées avec un engrais très riche en bactéries productrices de vitamine B12. 13

En se basant sur ces trouvailles, on peut avancer que les légumes provenant de plantations strictement biologiques ne pourraient théoriquement extraire que des quantités très faibles du fait d’engrais naturels (de vache ou autre) pauvres en vitamine B12. Cela laisse l’autre possibilité de contamination bactérienne désirée par contact direct avec la terre ou les engrais, mais cette solution n’est pas satisfaisante tant du point de vue sanitaire qu’en terme de fiabilité des niveaux de vitamine B12 acquis.

Hypothétiquement il serait donc possible de „fortifier“ directement des légumes-racines, tubercules, peut être même des feuillages pendant leur croissance afin d’arriver à un niveau pertinent de vitamine B12. Mais bien que ce scénario semble simple (enrichir les aliments à la base) nous sommes encore loin d’y parvenir, si tant est qu’on y veille. Par ailleurs, même si les intentions sont louables, ce procédé semble dangereusement artificiel.

Qui plus est d’un point de vue biologique, on retient que les plantes ainsi fortifiées en vitamine B12 contiennent des quantités très faibles, ordre de grandeur de 0,1 mcg / 100g. Ces petites quantités varient beaucoup et semblent insuffisantes car il faudrait alors manger plusieurs kilos de légumes crus pour subvenir à nos besoins quotidiens. Cependant combiné à d’autre sources, il se pourrait dans le futur que ce processus soit intégré dans le régime végane.

Vitamine B12 dans les levures

Les levures alimentaires ne contiennent pas naturellement de vitamine B12. La rumeur infondée selon laquelle les levures contiennent de la vitamine B12 provient probablement des croyances autour du produit emblématique de la culture britannique contenant des levures alimentaires fortifiées, le fameux Marmite. Par ailleurs, certaines levures américaines contiennent de petites quantités de vitamine B12 car elles sont produites sur des sols particuliers. Les levures européennes non enrichies ne contiennent donc pas de vitamine B12.

Spiruline, Chlorella, Nori et vitamine B12

Différentes algues telles que la spiruline, la chlorella et le nori ont une place centrale dans l’alimentation végane car on leur attribuait par le passé des quantités 14 conséquentes de vitamines biodisponibles dont la vitamine B12. Au vu de trouvailles plus récentes, les niveaux de vitamine B12 active et biodisponible sont fortement contestés. Entre temps, le marché pour ces produits s’est énormément développé et est devenu très lucratif. De nombreuses études contradictoires traitent ce sujet, il faut donc veiller à prendre des précautions. 

Mesure des corrinoïdes

Pour mieux comprendre d’où provient la confusion sur la teneur de vitamines B12 dans les algues, il nous faut faire un détour par le domaine de la microbiologie. Par le passé, on mesurait le taux de vitamine B12 dans les aliments par une méthode de microbiologiste. Il s’agissait de mesurer le facteur de croissance de molécules appelées corrinoïdes. Les corrinoïdes rassemblent de nombreuse molécules ayant des structures moléculaires similaires dont la vitamine B12, aussi appelée cobalamine, fait partie. En conséquence, cette méthode ancienne prend en compte tous les corrinoïdes sans distinction. Or, il y a deux types de corrinoïdes, les corrinoïdes actifs (vitamine B12 biodisponibles) et les corrinoïdes inactifs (pas de rôle biologique, voire dans certains cas toxiques).

Differential Radioessay

Aujourd’hui on mesure la vitamine B12 via une méthode appelée le „differential radioessay“ et nouvellement IAC-HPLC (Immunoaffinity column – High-performance liquid chromatography). Cette méthode permet de différencier les différents types de corrinoïdes. Les quantités de vitamine B12 précédemment mesurées ont été fortement revues car une part majoritaire des corrinoïdes dans ces algues sont inactifs et non de la vitamine B12 comme il le supposait par le passé. Cette nouvelle méthode a permis d’évaluer 15 que près de 80% de ces corrinoïdes étaient en fait de la vitamine B12 analogue (forme inactive pour le corps humain). Des tests menés par la Vegan Society ont découlé à la conclusion que la spiruline n’était pas une bonne source de vitamine B12 dans la mesure où cette dernière ne parvenait pas à faire baisser le taux d’AMM (acide méthylmalonique) d’individus souffrant de carences en vitamine B12.

Algues toxiques?

Des études encore plus préoccupantes ont montré que la consommation de spiruline et de nori, même si elle permettait de monter le niveau de vitamine B12 dans le sérum sanguin (le test du sérum sanguin ne distingue pas la vitamine B12 active des analogues), entrainait une aggravation sérieuse du taux d’AMM (acide méthylmalonique) 16. Les scientifiques Daniele et autres collaborateurs expliquent cet effet pervers par le fait que les analogues de vitamine B12 sont absorbés et „bloquent l’accès“ à la vitamine B12 active.

Il semblerait par contre que la chlorella soit une bonne source de vitamine B12. 17

Au delà de ces considérations sur la vitamine B12, il faut bien évidemment considérer aujourd’hui l’origines des algues en question car tristement les végétaux de mer sont très loin d’être exempts de risque de contamination, pollution, radiocativité, etc.

Aliments fermentés et vitamine B12

Les aliments fermentés comprennent une grande variété de produits différents qui proviennent d’un processus de cuvage malolactique ou de culture fongique (moisissure). Les sources véganes de vitamine B12 les plus connues sont le Tempeh, le ferment de levain, la choucroute et la bière.

Le shoju, le tamari et et le tempeh, malgré le fait que ces aliments soient en vogue dans la communauté végane ne contiennent que des quantités négligeables de vitamine B12 active, comme le confirment la plupart des producteurs de tempeh. 

La choucroute et la fermentation au levain apportent des quantités de vitamine B12 incertaines. La choucroute contient des quantités faibles, inférieures à 0,5 mcg / 100g – mesuré à la méthode ancienne des corrinoïdes. 

Selon l’institut scientifique américain Center for Molecular Analysis (CMA), la bière blanche contiendrait 0,8 mcg / 100g de vitamine  B12. Pour des raisons de santé évidentes, il n’est pas recommandé de consommer de grandes quantités de cette boisson. Par ailleurs, l’alcoolisme est une source de carence en elle même. 

Persil, argousier et jus d’herbe de blé

Des niveaux de vitamine B12 dans le persil, l’argousier et le jus d’herbe de blé ont été mesurés plusieurs fois. 18 Cependant, il n’a pas pu être établi avec certitude si ces niveaux provenaient de contamination bactérienne ou d’une présence naturelle. Le scénario de contamination semble plus probable. Dans le cas de l’argousier, la société Dr Pandalis qui vendait des capsules de vitamines B12 a dû annoncer : „les fruits d’argousier de notre exploitation biologique ne contiennent pas de vitamine B12 depuis environ 4 ans.“ Cette annonce a mis un terme à la rumeur selon laquelle l’argousier contenait des doses notables de vitamine B12.

L’herbe de blé et les graines germées sont un groupe d’aliments très convoités pour leur grande richesse nutritive mais les niveaux de vitamine B12 n’ont pas (encore) été avérés scientifiquement. Là aussi, il n’est pas clairement compris si la vitamine B12 proviendrait de contamination bactérienne.

Suppléments de vitamine B12 

Avec les connaissances actuelles, il est très difficile, voire impossible,  de trouver une source naturelle végane fiable de vitamine B12. Il n’est donc pas recommandé de chercher à subvenir à ses besoins en vitamine B12 juste par un alimentation végane pure et simple. Par ailleurs, il faut retenir qu’en Europe il est illégal de fortifier en vitamine B12 les aliments issus de la filière biologique car de nombreux véganes ne les consommeront pas par conviction idéologique. De plus, la forme de vitamine B12 utilisée pour fortifier les aliments en question n’est pas toujours claire ainsi que l’impact de l’introduction de vitamine B12 sur les autres composants. Pour citer un exemple classique, dans le cadre des jus multi-vitaminé, la réaction que la vitamine B12 subit au contact de la vitamine C et autres acides ou substances (naturelles ou non) n’est pas évidente.

Dans ce contexte, la Vegan Society recommande explicitement aux personnes suivant ce régime de prendre des suppléments de vitamine B12 pour éviter les très grands risques qu’encourent les individus en situation de carence. Ces suppléments, même s’ils ne sont pas bon marché, ne sont pas exorbitants, et il est pratiquement impossible de prendre une surdose. Il n’y a donc aucune raison pour laquelle les individus véganes devraient encourir un risque inutile de carence. Il en va de la qualité de vie et la vitalité de l’individu qui peuvent être drastiquement modifiés. 

Pour les végétariens, en revanche, leur alimentation joue un rôle essentiel. 

Le meilleur moyen que l’on ait pour rendre compte de notre situation de carence est de passer un test urinaire AMM (Acide Méthylmalonique).

Les suppléments de vitamine B12 sont-ils véganes?

La vitamine B12 vient de culture bactérienne. 19 Les nutriments utilisés sont fréquemment d’origine purement végétale (végane). En étant réaliste, la vitamine B12 provenant d’abats animaux n’est pas une méthode de production utilisée pour la production industrielle moderne. 

Nous recommandons toutefois aux individus suivant un régime végane de veiller à ce que l’emballage indique que le produit est bel et bien végane et qu’aucun des adjuvants ne soient non végane (lactose ou certaines gélatines). 

Selon Wikipédia (anglais) certaines bactéries génétiquement modifiées pour produire plus de vitamine B12 sont désormais présentes dans le circuit alimentaire. Il faut malheureusement prendre cette affirmation au sérieux et s’assurer des méthodes de production de chaque producteur (végane ou non). 20

Sources

1 American Dietetic Association; Dietitians of Canada: Position of the American Dietetic Association and Dietitians of Canada: vegetarian diets. In: Can J Diet Pract Res., 64(2):62-81; Sommer 2003. PMID 12826028Übersetzung des VEBU.
2 Judy McBride (2). „B12 Deficiency May Be More Widespread Than Thought“. Agricultural Research Service. United States Department of Agriculture. Retrieved 2 July 2012.
3 Vegan Society. What Every Vegan Should Know About Vitamin B12. http://www.vegansociety.com/lifestyle/nutrition/b12.aspx
4 Herrmann W, Schorr H, Obeid R, Geisel J. Vitamin B-12 status, particularly holotranscobalamin II and methylmalonic acid concentrations, and hyperhomocysteinemia in vegetarians. Am J Clin Nutr 2003;78:131–6
5 Ibrahim Elmadfa and Ingrid Singer: Vitamin B-12 and homocysteine status among vegetarians: a global perspective. Am J Clin Nutr 2009 89: 1693S-1698S
6 Refsum H, Yajnik CS, Gadkari M, Schneede J, Vollset SE, Orning L, et al. Hyperhomocysteinemia and elevated methylmalonic acid indicate a high prevalence of cobalamin deficiency in Asian Indians. Am J Clin Nutr 2001;74:233-241.
7 Aśok C Antony Vegetarianism and vitamin B-12 (cobalamin) deficiency. Am J Clin Nutr 2003 78: 1 3-6
8 Zouë Lloyd-Wright, et. al.: Holotranscobalamin as an Indicator of Dietary Vitamin B12 Deficiency Clin. Chem. 2003 49: 2076-2078
9 Stephen Walsh, PhD: B12: An essential part of a healthy plant-based diet 35th World Vegetarian Congress http://www.scienzavegetariana.it/rubriche/cong2002/vegcon_B12_en.html
10 Robbins WJ, Hervey A, Stebbins ME. Studies on Euglena and vitamin B12. Science 1950(Oct 20):455.
11 Callender ST, Spray GH. Latent pernicious anemia. Br J Haematol. 1962;8:230-40,
12 Preparation of hematopoietically active extracts from faeces. Lancet 1951(June 30):1391-2.
13 Mozafar A. Enrichment of some B-vitamins in plants with application of organic fertilizers. Plant & Soil. 1994;167:305-311
14 Watanabe F, Takenaka S, Kittaka-Katsura H, Ebara S, Miyamoto E. Characterization and bioavailability of vitamin B12-compounds from edible algae. J Nutr Sci Vitaminol (Tokyo). 2002 Oct;48(5):325-31. Review.
15 Dagnelie PC, van Staveren WA, van den Berg H. Vitamin B-12 from algae appears not to be bioavailable. Am J Clin Nutr. 1991;53:695-7.
16 Yamada K, Yamada Y, Fukuda M, Yamada S. Bioavailability of dried asakusanori (porphyra tenera) as a source of Cobalamin (Vitamin B12). Int J Vitam Nutr Res. 1999 Nov;69(6):412-8
17 Chen JH, Jiang SJ. Determination of cobalamin in nutritive supplements and chlorella foods by capillary electrophoresis-inductively coupled plasma mass spectrometry. J Agric Food Chem. 2008 Feb 27;56(4):1210-5. Epub 2008 Feb 2.
18 van den Berg H, Dagnelie PC, van Staveren WA. Vitamin B12 and Seaweed. Lancet Jan 30, 1988.
19 Martens JH, Barg H, Warren MJ, Jahn D (2002). Microbial production of vitamin B12. Applied Microbiology and Biotechnology 58 (3): 275–85

20http://en.wikipedia.org/wiki/Vitamin_B12#Synthesis_and_industrial_production

 




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